Le POP dénonce le rétropédalage du Centre, du PLR et de l’UDC dans le dossier des rabais de quantité sur les médicaments les plus coûteux pour l’assurance maladie. Alors que le Parlement fédéral a déjà accepté le deuxième paquet de mesures d’économies, ces partis cherchent désormais, au stade de la consultation sur l’ordonnance d’application, à retarder, affaiblir ou remettre en cause une mesure qui devait entrer en vigueur dès 2027.
Cette réforme n’a rien d’extrême
La réforme prévoit que les entreprises pharmaceutiques accordent des rabais de quantité sur les médicaments qui coûtent le plus cher à l’assurance obligatoire des soins. Selon la Confédération, elle permettrait d’économiser environ 350 millions de francs par an. Dans un contexte de hausse constante des primes maladie, cette économie représente un soulagement concret pour les assuré·e·s. Elle revient simplement à demander aux groupes pharmaceutiques de contribuer à la maîtrise des coûts lorsqu’ils réalisent des chiffres d’affaires très importants grâce au remboursement par les primes.
Le POP refuse que la santé soit prise en otage par le lobby pharmaceutique. Les menaces de retarder l’accès à certains traitements ou de ne pas demander leur remboursement en Suisse montrent que les intérêts privés des grands groupes passent avant le droit de la population à des soins accessibles.
Le recul du Centre, du PLR et de l’UDC est politiquement révélateur
Après avoir soutenu ou laissé passer la réforme au Parlement, ces partis se rangent désormais du côté des marges de l’industrie pharmaceutique plutôt que de celui des ménages qui paient des primes toujours plus lourdes. Invoquer les pressions américaines ou les conditions-cadres de la branche pour affaiblir une mesure votée démocratiquement revient à faire payer aux assuré·e·s suisses les stratégies de profit des multinationales du médicament.
Les conseillères et conseillers nationaux et aux États du canton de Neuchâtel auraient dû se mobiliser publiquement pour défendre l’application intégrale de cette mesure, au lieu de laisser le lobbying pharmaceutique dicter l’agenda politique. Ils et elles auraient pu interpeller le Conseil fédéral, prendre position dans leurs groupes parlementaires respectifs et exiger que l’ordonnance respecte la décision votée par les Chambres.
Le POP soutient la décision du Parlement, qui doit être appliquée sans report. Les rabais de quantité doivent entrer en vigueur comme prévu, avec des seuils suffisamment ambitieux pour produire de véritables économies. Les bourses des ménages, et notamment celles des plus précaires, ne peuvent pas continuer à servir de variable d’ajustement aux intérêts de Roche, Novartis, Eli Lilly et des autres.