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Comptes 2025 de La Chaux-de-Fonds: le POP salue un bénéfice, mais refuse toute lecture austéritaire

Les comptes 2025 de la Ville de La Chaux-de-Fonds présentent à nouveau un bénéfice. Le POP s’en réjouit. Ce résultat est le fruit du travail mené par les autorités communales, mais surtout de l’engagement quotidien de l’ensemble des services publics et du personnel communal. Dans un contexte encore marqué par les conséquences des politiques d’austérité, il faut le dire clairement: ce sont les services, les collaboratrices et les collaborateurs de la Ville qui permettent à notre commune de tenir debout, d’avancer et de répondre aux besoins de la population.

Le POP tient également à saluer la politique communale d’attribution des échelons salariaux ainsi que la pleine compensation du renchérissement pour l’ensemble du personnel communal. Il s’agit là d’un choix juste, nécessaire et responsable. Les finances publiques ne doivent jamais être rétablies sur le dos de celles et ceux qui font fonctionner la Ville.

Mais ce résultat positif ne doit pas servir de prétexte à l’autosatisfaction ni ouvrir la porte aux vieilles recettes libérales. La situation financière de La Chaux-de-Fonds reste fortement dépendante des décisions cantonales, en particulier de la politique fiscale du canton. Le bénéfice 2025 s’explique en grande partie par des revenus fiscaux des personnes morales nettement plus élevés que prévu, avec un écart d’environ 10% par rapport au budget. Ces recettes sont cependant instables, difficiles à anticiper et directement liées à une conjoncture économique fragile, notamment pour l’industrie et les exportations.

Au-delà du vote des comptes, le groupe POP a déposé plusieurs questions afin de rappeler que derrière les chiffres se trouvent des besoins pour la population. Notre groupe a interpellé le Conseil communal sur les délais d’attente au centre d’orthophonie, l’impact des hausses tarifaires aux Mélèzes sur les abonnements familles, les difficultés économiques rencontrées par certaines familles dans l’accueil pré et parascolaire, ou encore la surcharge de travail dans les services communaux. Si la Ville retrouve des marges de manœuvre, elles doivent prioritairement être mises au service des familles, des enfants, du personnel communal, des associations et des prestations à la population.

Il faut donc refuser toute conclusion simpliste. Notre Ville ne souffre pas d’un problème structurel de charges, mais bien d’un problème structurel de recettes. Le POP le répète depuis des années. La période d’austérité l’a démontré: couper dans les prestations, comprimer les services et fragiliser le personnel communal ne règle rien. Cela affaiblit simplement la population, les quartiers et les outils collectifs dont nous avons besoin.

Si les comptes sont positifs aujourd’hui, ils parlent d’abord de l’année écoulée. Ils ne doivent pas masquer la réalité sociale actuelle. L’augmentation significative de la facture sociale est un signal d’alarme. Elle montre que la situation économique d’une partie de la population se dégrade. Quand le taux de pauvreté atteint 15% dans le canton, la priorité politique ne peut pas être la baisse des impôts. La priorité, ce sont des politiques sociales fortes, des services publics solides, des prestations accessibles et une fiscalité capable d’aller chercher les richesses là où elles se trouvent pour les redistribuer utilement.

Pour le POP, la stabilisation progressive des finances communales doit servir à renforcer notre ville, pas à relancer les dogmes austéritaires. Il faut poursuivre une politique d’investissements dynamique, soutenir les associations sportives, sociales et culturelles, renforcer les prestations à la population et améliorer les conditions de travail du personnel communal. Nous attendons à ce titre des réponses concrètes à nos postulats, notamment sur la réévaluation de la grille salariale et sur le soutien au tissu associatif local.

La Chaux-de-Fonds a besoin d’une politique communale ambitieuse, sociale et populaire. Une politique qui protège la population plutôt qu’elle ne l’abandonne aux logiques du marché. Une politique qui investit dans le collectif plutôt que de céder aux sirènes des baisses d’impôts. Une politique qui reconnaît que la richesse d’une ville se mesure d’abord à la qualité de ses services publics, à sa solidarité et à sa capacité à ne laisser personne de côté.

Le groupe POP accepte les comptes 2025 à l’unanimité, avec une conviction claire: ces bons résultats doivent servir à renforcer les services publics, soutenir la population et consolider une politique communale au service du plus grand nombre.