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La santé n’est pas un marché: elle doit servir la population, pas les hauts salaires et les dividendes

Les révélations sur le groupe 3R montrent une nouvelle fois les dérives d’un système de santé livré aux logiques du marché. Quand une activité financée presque entièrement par l’assurance maladie obligatoire permet de verser des salaires de plusieurs centaines de milliers de francs, des bonus liés à la production d’actes médicaux et des bénéfices servant à l’expansion d’un groupe privé, le problème n’est pas seulement moral. Il est politique.

La population paie des primes maladie toujours plus lourdes. Les familles, les retraités, les travailleuses et travailleurs voient leur budget étranglé mois après mois. Dans le même temps, une partie de cet argent obligatoire alimente des rémunérations indécentes, des marges élevées, des rachats de cabinets et des dividendes potentiels pour des investisseurs. Ce système n’est pas au service des patientes et des patients. Il est au service d’un modèle économique qui transforme la maladie en source de rendement.

Le POP refuse cette marchandisation de la santé. Soigner n’est pas vendre. Diagnostiquer n’est pas produire du chiffre d’affaires. Un examen médical doit répondre à un besoin clinique, pas à un objectif de rentabilité. Dès lors que des prestations sont financées par les primes obligatoires, il est inacceptable que leur organisation échappe à un contrôle démocratique strict.

Nous défendons une assurance maladie publique, transparente et sans but lucratif. Une assurance publique doit permettre de contrôler réellement les coûts, les remboursements, les marges, les bénéfices et les dividendes. Elle doit empêcher que l’argent des primes serve à enrichir des groupes privés ou des actionnaires. Elle doit aussi garantir que chaque franc prélevé à la population soit utilisé pour soigner, prévenir, améliorer l’accès aux soins et renforcer les conditions de travail du personnel de santé.

Le marché libre de la santé est une impasse. Il pousse à multiplier les actes, à concentrer les cabinets, à attirer les investisseurs et à faire passer la rentabilité avant l’intérêt collectif. Ce sont toujours les mêmes qui paient: les assuré·es, les patient·es, les salarié·es et les collectivités publiques.

Pour le POP, il faut reprendre le contrôle. Cela signifie interdire les bonus liés au volume d’actes médicaux, encadrer strictement les bénéfices réalisés sur des prestations financées par la LAMal, contrôler les rachats par des groupes financiers, rendre publics les flux d’argent dans le système de santé et instaurer une assurance publique forte, capable de négocier, planifier et limiter les abus.