Après plusieurs autres cantons romands, Neuchâtel veut à son tour interdire la vente des cigarettes électroniques jetables, les puffs. Les députés ont accepté mardi une motion de la commission santé en ce sens suite à l’initiative de la popiste Aurélie Gressot. Le parlement va également réguler les snus après avoir accepté une motion par la voix prépondérante du président du Grand Conseil!
Pour le groupe VERTPOP salue le rapport de la commission santé qui met en lumière un enjeu devenu emblématique de notre époque : celui de produits jetables, au marketing flashy en créant une forte addiction, qui ciblent nos jeunes et génèrent des déchets électroniques totalement disproportionnés.
L’analyse menée par la commission le confirment : les puffs ont été conçues pour séduire les adolescents. Couleurs néon, goûts sucrés, prix bas, discrétion… tout y est.
Résultat : en Suisse, plus d’un jeune sur deux a déjà testé ces produits, et une part importante est déjà dépendante à la nicotine avant même d’avoir atteint la majorité.
Pour le groupe VERTPOP, la banalisation de la nicotine dans l’espace public — et surtout autour des écoles — est incompatible avec l’objectif fondamental de protection de la jeunesse. « Il ne peut pas y avoir de neutralité politique face à un produit dont la seule fonction est de créer une addiction précoce », a insisté Aurélie Gressot. « Les puffs sont le symbole d’une économie du jetable que notre canton ne veut plus encourager. Elles sont difficilement recyclable et finissent dans les déchets ordinaires, et aggravent la pollution des sols. »
La commission santé a donc proposé des adaptations législatives dans son rapport.
Aurélie Gressot a insisté: « Ces mesures sont cohérentes, applicables, et surtout utilement préventives. Elles marquent un tournant clair : celui d’une politique de santé publique qui place la jeunesse avant les intérêts d’un marché lucratif. »
Régulation des snus
La Gauche unie est parvenue à faire passer une motion d’Aurélie Gressot pour réguler les snus grâce à la voix prépondérante du président du Grand Conseil. « Les sachets de nicotine, plus connus sous le nom de snus, qui se glissent discrètement sous la lèvre, sans fumée, sans odeur, sans vapeur, donnent l’illusion d’un produit « safe », voire d’une alternative « cool » au tabac. Et c’est précisément ce qui les rend dangereux. »
Or les études sont très claires :
- leur teneur en nicotine est extrêmement élevée,
- la dépendance peut s’installer en quelques jours,
- et les arômes chimiques ajoutés ne sont pas sans risques.
Les rapports scientifiques cités dans la motion montrent des atteintes gingivales, des lésions buccales, une toxicité cellulaire, et même des impacts sur les performances scolaires chez les adolescents.
Le snus, ce n’est pas une habitude “innocente”. C’est une addiction rapide, silencieuse et durable. En Allemagne, plus de 5 % des élèves ont déjà essayé les sachets de nicotine.
En Finlande, leur consommation est fortement corrélée à l’usage d’autres produits nicotiniques. En France, les centres antipoison tirent la sonnette d’alarme : les intoxications d’adolescents se multiplient.
Et chez nous en Suisse ?
Nous n’avons pas encore les chiffres… et c’est bien ça le problème.
Mais les dentistes, les hygiénistes, les parents, les enseignants — tous constatent une hausse fulgurante. Les témoignages affluent : c’est discret, ça circule dans les écoles, et ça s’achète facilement, parfois en ligne, parfois dans les kiosques sans aucun contrôle.
« La prévention, c’est agir avant l’explosion, pas après. »
Cette motion demande au Conseil d’État d’adapter les lois cantonales pour instaurer :
- une régulation stricte,
- voire une interdiction de la vente des sachets de nicotine.
Nous voulons un cadre ambitieux, mais aussi adapté au droit fédéral.
pour protéger la jeunesse, sans attendre que la Confédération se réveille.
En conclusion, notre élue a insisté. « Le snus et les puffs, ce sont les deux faces d’un même phénomène : un marché très lucratif qui s’attaque à nos jeunes avec des produits colorés, aromatisés, faciles à cacher et très addictifs. »