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Votations du 29.11.26 : pas de financement de l’AVS sur le dos des ménages, ni d’enlisement dans l’économie de guerre !

Le 29 novembre, la Suisse votera notamment sur le financement de la 13e rente AVS par une hausse de la TVA, et sur un assouplissement des règles d’exportation d’armement. Deux textes différents, un même choix de société : faire payer les classes populaires d’un côté, augmenter les profits de l’industrie de l’armement de l’autre. Le POP appelle à voter NON aux deux objets.

Conquise de haute lutte, la 13e rente AVS sera versée dès décembre 2026 quel que soit le résultat du scrutin. La question posée est celle de son financement. Après avoir écarté une solution mixte qui aurait aussi mobilisé les cotisations sociales, le Parlement a choisi de financer cette rente par une hausse de 0,4 point de la TVA, qui passerait de 8,1% à 8,5% pour des biens basiques comme les livres ou l’habillement mais aussi pour l’énergie. Ce choix n’a rien d’anodin. La TVA est un impôt antisocial : prélevée uniformément sur la consommation, elle pèse proportionnellement bien davantage sur les bas revenus et les retraité·es que sur les grandes fortunes, qui en consacrent une part bien plus faible à leurs achats courants. Financer la 13e rente par la TVA revient à annuler une bonne partie du gain qu’elle est censée représenter pour les retraité·es les plus modestes. À l’inverse, un financement par les cotisations sociales, payées à parts égales par les salarié·es et le patronat, aurait fait contribuer le capital à une mesure de justice sociale, conformément à la logique de salaire socialisé qui est au fondement même de l’AVS.

Ce choix ne répond à aucune urgence financière réelle. Sur les deux seules années 2024 et 2025, l’AVS a enregistré plus de 10 milliards de francs de bénéfices, soit davantage que ce que rapporterait la hausse de TVA en six ans. L’argument de la caisse vide ne tient donc pas : il s’agit avant tout d’épargner le patronat plutôt que de le faire contribuer à hauteur de ses moyens. Le SSP, le SIT et d’autres organisations syndicales refusent cette résignation et appellent à voter NON le 29 novembre. Le POP les rejoint : refuser cette hausse de TVA, c’est défendre le financement de l’AVS fidèle à son histoire, et préparer les prochaines luttes.

Le 29 novembre, le peuple suisse se prononcera aussi sur le référendum contre la révision de la loi sur le matériel de guerre, adoptée par le Parlement le 19 décembre 2025. Sous couvert de « capacité de défense » et de sauvegarde des emplois, cette révision assouplit à la fois l’exportation et la réexportation d’armes suisses vers une grosse trentaine de pays, dont les États-Unis, même lorsqu’ils sont parties prenantes à un conflit armé. Poussé par les intérêts de l’industrie de l’armement, le Parlement est même allé plus loin que ce que proposait initialement le Conseil fédéral. 

Les exportations suisses de matériel de guerre ont atteint près de 490 millions de francs au premier semestre 2026, en hausse de 37% sur un an, après une année 2025 déjà quasi record à plus de 948 millions. L’industrie de l’armement n’est donc pas « étranglée » par les règles actuelles : elle bat des records d’exportation. Ce qui est réellement en jeu avec cette révision, c’est l’affaiblissement de la déclaration de non-réexportation, l’instrument qui empêche aujourd’hui que du matériel suisse ne se retrouve, via des pays tiers, dans des guerres, ou entre les mains de régimes autoritaires. Le POP appelle à voter NON le 29 novembre, afin d’éviter au mieux de livrer des armes sans retenue aux profiteurs de guerre.

Image : Juli Kosolapova sur Unsplash