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INITIATIVE DU CHAOS : «L’UDC N’A HONTE DE RIEN»

Dans notre dernier numéro de POP Info (paru en Avril 2026), Virginie Mouche, nouvelle présidente de la section La Chaux-de-Fonds du POP, revient sur les menaces que l’initiative raciste de l’UDC au vote le 14 juin fait planer sur le pays, les classes populaires et le monde du travail.

Rethorique ancienne

Initiative sur la durabilité… l’UDC s’intéresserait-elle enfin réellement à l’écologie, à la préservation de l’emploi, des ressources, au bien-être de la population ? N’ayant honte de rien, c’est ce que l’extrême droite cherche à nous faire croire, avec une formule ayant fait ses preuves depuis longtemps : surfer sur les peurs de la population, lui faire croire que ses préoccupations sont les siennes. Les salaires sont bas, la faute aux étrangers ! Se loger coûte de plus en plus cher, la faute aux étrangers ! Vous êtes au chômage, la faute aux étrangers ! (Incérer ici vos difficultés), la faute…

Alarmisme sur la surpopulation à relativiser

La croissance démographique Suisse donne-t ’elle vraiment de quoi s’inquiéter ? Oui, un peu. Avec une moyenne d’1,3 enfants par femme en âge de procréer, nul besoin de calculs savants pour comprendre que la population suit une pente descendante. Et c’est préoccupant, parce qu’avec le vieillissement de la population et un manque de relève, ce sont, entre autres, nos retraites qui vont en pâtir. Et c’est dans les poches des travailleurs que l’on ira encore une fois piocher. On l’a vu avec la 13ème rente, notre beau pays n’est pas prêt à taxer les riches, à prendre l’argent là où il est. Grâce à la population étrangère, ce sont un quart des cotisations AVS qui sont couvertes. C’est très loin d’être anecdotique. Un plafond à 10 millions d’habitants impliquera un recul de près de 10% de la population active, et donc en âge de cotiser. Les portes du pays seront ainsi fermées à de nouvelles personnes cotisantes. Enfin, si la moitié du canton de Berne atteignait simplement la densité de la ville de Berne, elle suffirait à loger toute la population suisse actuelle. De quoi relativiser sérieusement les discours alarmistes sur une Suisse prétendument surpeuplée.

Cibler l’immigration, toucher l’ensemble du monde du travail

Et au niveau du monde du travail, à quoi doit-on s’attendre si cette énième initiative raciste de l’UDC passait ?
Dès que la population atteindrait 9,5 millions d’habitants, des restrictions au regroupement familial seraient mises en place. Cela mettrait à mal l’Accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne et durcirait fortement les conditions de séjour. Pourtant, l’économie suisse ne pourrait pas se passer de main-d’œuvre étrangère. Nous verrions ainsi une recrudescence du travail frontalier, un retour du travail saisonnier et, à n’en pas douter, une hausse du travail au noir, souvent mal payé et sans couverture sociale.
Et n’allez pas croire que seul le statut des étrangers serait précarisé. Si cette initiative du K.O. devait conduire à la dénonciation de l’accord sur la libre circulation avec l’Union européenne, c’est toute la voie bilatérale qui serait mise en péril. Avec elle, ce sont aussi les mesures d’accompagnement protégeant les salaires qui seraient gravement fragilisées. Cela ouvrirait la porte à davantage de dumping salarial et à une pression accrue sur les revenus des classes populaires et moyennes.
L’économie serait gravement touchée, à tel point que cette perspective irrite même les autres partis de droite. Imaginez le coup de massue pour la Suisse, alors que près de la moitié des exportations helvétiques sont destinées à l’Union européenne. Les entreprises seraient encore plus tentées de délocaliser ou de sous-traiter là où les salaires sont indécemment bas, et où les conditions de travail ainsi que le respect des droits humains sont encore plus bafoués par les milieux patronaux.

À votre santé!

Le domaine de la santé serait lui aussi fortement mis à mal. Environ 50% des médecins exerçant en Suisse ont obtenu leur diplôme à l’étranger. Sans même parler du reste du personnel soignant, dont une grande partie franchit elle aussi la frontière pour venir travailler en Suisse.
Le réel agenda de l’UDC est donc bien de précariser les forces de travail, de les rendre plus avantageuses, plus malléables. Tant pis si le peuple tire la langue. Tant que leurs poches continuent de se remplir toujours plus. Leur conscience ne s’en retrouve pas le moins du monde ébranlée.

Article par Virginie Mouche