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Grand Conseil du 3 mars 2026 : encore un cadeau fiscal pour les patrons, mais des victoires sur certaines question sociales

Moins d’impôts sur les profits, plus d’injustice pour les ménages

L’objet 25.167, « Soutenir l’investissement productif dans les entreprises, amortissements immédiats », demandait au Conseil d’État d’introduire dans l’écosystème fiscal neuchâtelois un mécanisme permettant à certaines entreprises de déduire plus vite leurs investissements de leur bénéfice imposable. Notre député POP Cédric Dupraz a dénoncé une nouvelle tentative d’optimisation fiscale en faveur des personnes morales, en rappelant que ce mécanisme ne profiterait pas aux petites structures en difficulté, mais surtout aux entreprises qui dégagent déjà des bénéfices importants. Pour le POP, c’est profondément injuste : on réduit encore la contribution fiscale d’acteurs économiques solides, alors que chaque perte ou affaiblissement de recette publique finit par peser sur le financement des prestations collectives. Et quand on refuse de faire contribuer suffisamment les bénéfices des entreprises, la pression se reporte ensuite sur des instruments bien plus injustes socialement, comme la TVA, qui touche tout le monde mais pèse proportionnellement beaucoup plus lourd sur les ménages modestes et la classe moyenne. C’est exactement ce que nous avons dénoncé, en rappelant qu’après les fortes baisses de l’impôt sur les bénéfices déjà accordées ces dernières années, cette nouvelle mesure s’inscrit dans un glissement de l’impôt sur les sociétés vers des taxes plus inégalitaires. La recommandation a malheureusement été acceptée par 52 voix contre 37.

Bilan de la réforme du dispositif cantonal de soutien et de protection de l’enfance et de la jeunesse (SPEJ)

Le postulat 22.138 demandait au Conseil d’État de dresser un bilan de la réforme du dispositif cantonal de soutien et de protection de l’enfance et de la jeunesse, en identifiant clairement ce qui doit être corrigé ainsi que les adaptations à mettre en place. Notre député POP Julien Gressot est intervenu pour rappeler que la réforme du SPEJ touche à un domaine particulièrement sensible, où les conséquences concrètes pèsent directement sur des enfants, des jeunes, des familles et les professionnel·les du terrain. Pour le POP, l’acceptation du classement du postulat 22.138 par 74 voix contre 12 ne signifie pas que le dossier soit clos politiquement. Ce vote confirme que le sujet reste majeur et lourd sur le plan humain et institutionnel. Nous allons rester très vigilants sur la capacité du canton à garantir une protection de l’enfance à la hauteur des besoins.

PMA pour toutes : la route est encore longue

Le projet de résolution 25.145 prévoyait de soutenir, au niveau fédéral, l’accès à la procréation médicalement assistée pour les femmes célibataires. Cette résolution cantonale avait une portée politique et symbolique : affirmer clairement un positionnement en faveur de l’égalité et contre une discrimination fondée sur l’état civil. Notre députée POP Sarah Blum a défendu avec clarté l’accès à la PMA pour les femmes célibataires, en rappelant qu’il s’agit d’une question d’égalité, de dignité et de liberté de choix. Le texte n’a obtenu que 60 voix, alors qu’il en fallait 66. C’est une défaite politique, mais surtout un très mauvais signal envoyé à toutes celles qui se heurtent encore à une vision conservatrice, sexiste et discriminatoire de la famille.

Parents d’accueil de jour : pour une reconnaissance à la hauteur de leur rôle

L’objet 25.148 visait à ouvrir enfin le chantier de la reconnaissance et de la revalorisation des parents d’accueil de jour, dont le rôle est indispensable pour les familles mais reste encore trop peu considéré. Pour le POP, c’est un enjeu essentiel, car ces professionnel·les font tenir concrètement l’accueil de l’enfance tout en restant trop souvent précarisé·es, isolé·es et sous-reconnu·es. Notre députée POP Sarah Blum a rappelé que leur travail est indispensable pour les familles comme pour la collectivité, et qu’il doit enfin être reconnu à sa juste valeur. Conclusion : succès, le postulat a été accepté sans opposition.

Premières années d’école : un travail essentiel, encore trop peu reconnu

Le postulat 25.149 vise à une meilleure reconnaissance des enseignant·es 1-2H. Pour nous, ce dossier est central, car les premières années de scolarité sont décisives et le travail fourni à ce niveau reste encore trop souvent minimisé, alors qu’il est fondamental pour tout le parcours scolaire. Sarah Blum a souligné que les enseignant·es 1-2H assument des responsabilités pédagogiques, éducatives et relationnelles majeures, sans bénéficier de la reconnaissance qu’iels méritent. Le bilam pour l’instant est un succès pour nous car le postulat a été accepté sans opposition.
L’interpellation 25.163, intitulée « Salaires, mauvaise place des enseignant·es neuchâtelois·es des cycles 1 et 2 en comparaison romande comporte pour nous un enjeu majeur. Cela car on ne peut pas prétendre défendre une école publique forte tout en maintenant les enseignant·es des premières années parmi les moins bien rémunéré·es de Suisse romande. Sarah Blum a dénoncé une situation injuste et incohérente, en rappelant que ces enseignant·es jouent un rôle décisif dans les apprentissages et le développement des enfants. Une interpellation forte pour mettre le Conseil d’État face à ses responsabilités.

Routes cantonales : entre entretien nécessaire, lutte contre le bruit et retard de la mobilité douce

Marina Schneeberger a dit clairement que le groupe VertPOP reconnaissait la nécessité d’entretenir les 375 kilomètres de routes cantonales pour éviter des coûts bien plus lourds à l’avenir, mais qu’il contestait la manière dont les priorités étaient réparties dans ce crédit-cadre. Elle a insisté sur le fait que la lutte contre le bruit routier devait reposer sur des mesures réellement efficaces pour les riverain·es, notamment des limitations à 30 km/h sur certains tronçons, plutôt que sur des solutions techniques jugées insuffisantes. Elle a aussi pointé le retard important pris par le canton en matière d’aménagements cyclables, en relevant que leur développement reste trop lent et pas toujours de qualité suffisante, alors qu’un rattrapage est indispensable pour respecter la législation fédérale sur les voies cyclables. Malgré ces réserves, le crédit-cadre a été adopté par 89 voix sans opposition, la modification de la loi à l’unanimité, et la recommandation 26.110 également à l’unanimité.

Les droits des personnes migrantes passent aussi par l’accès aux études

L’objet 25.178 demandait d’étudier l’intégration des titulaires du permis S dans le dispositif cantonal des bourses d’études, à conditions égales avec les autres étudiant·es. Pour le POP, c’est une priorité claire, parce que les droits des personnes migrantes passent aussi par l’accès réel à la formation, à l’autonomie et à l’insertion professionnelle, et qu’exclure des jeunes au seul motif de leur statut revient à organiser leur précarité. Notre députée POP Aurélie Gressot a rappelé que ces personnes titulaires de permis S ont fui la guerre, que leur avenir se construit ici, et qu’empêcher l’accès aux études retarde l’intégration au lieu de la favoriser. Le postulat a été accepté par 55 voix contre 33.

Contrôler les stages d’avocat·es

L’objet 25.173, transformé en postulat (accepté par 52 voix contre 38), demandait un meilleur encadrement des stages d’avocat·es, notamment par la création d’un organe tripartite chargé de surveiller les conditions de stage et la qualité de la formation. Pour le POP, l’enjeu est important, parce qu’on ne peut pas accepter qu’une profession censée défendre le droit repose sur des stages sans contrôle réel, avec des abus possibles et une forte pression sociale sur les stagiaires. Notre députée POP Céline Dupraz a dit clairement qu’aujourd’hui il n’existe aucun organe de confiance pour surveiller ces stages et que les stagiaires se retrouvent trop souvent livrés au hasard, sans garantie d’un encadrement sérieux.