La gauche neuchâteloise a fait pencher la balance – à une voix près – lors du vote sur une motion du groupe socialiste sur Gaza. Le texte demande d’établir un état des lieux des investissements publics et parapublics présentant un lien direct ou indirect avec des entités étatiques ou paraétatiques israéliennes liées aux offensives militaires.
Lors de ce débat hautement émotionnel, le Grand Conseil s’est aussi penché sur le rapport de la commission chargée de traiter la pétition de novembre 2024, émanant de différents mouvements dont le collectif Action Palestine munie de 4437 signatures.
Le Groupe VertPOP s’est positionné comme ceci par le biais d’Olivier Beroud. « Le groupe VertPop tient d’abord à saluer la mobilisation citoyenne derrière la pétition « Fermer les yeux, c’est soutenir un régime génocidaire ». Plus de quatre mille signatures : c’est un signal fort, un appel à la conscience politique. Une large part de la population neuchâteloise refuse de rester silencieuse face à la tragédie en cours à Gaza. »
S’agissant du rapport de la commission, nous voulons d’abord reconnaître le sérieux et la sensibilité avec lesquels elle a abordé ce sujet difficile. Nous comprenons sa volonté de retenue. Au moment où elle a rendu son rapport, un cessez-le-feu fragile semblait offrir un peu d’espoir, et il était sans doute légitime de vouloir adopter un ton mesuré, dans un esprit d’apaisement et de responsabilité.
Mais cette mesure, aussi sincère et bien intentionnée soit-elle, nous paraît aujourd’hui trop timide face à l’ampleur du drame qui se poursuit. La réalité sur le terrain a, hélas, dissipé les illusions d’accalmie. Les violations du droit international se poursuivent, les civils continuent de souffrir, et le silence, même empreint de prudence, risque de devenir une forme de consentement.
C’est pourquoi une large majorité de notre groupe refusera le classement du rapport. Non par défiance envers la commission, mais parce que la réponse qui est proposée ne correspond ni à la gravité du moment, ni à la profondeur du message porté par les plus de quatre mille signataires. Ce texte n’appelait pas à une lecture strictement institutionnelle, mais à un geste politique et humain fort.
Concernant la résolution de la commission – refusée pour diverses raisons à gauche et à droite – , notre groupe sera partagé. « Certain·es y voient un pas, certes modeste, mais réel, vers la reconnaissance du devoir d’agir pour la paix. D’autres la jugent beaucoup trop timorée. Quand les bombes continuent de tomber sur Gaza, quand le droit international est piétiné sous les yeux du monde, un simple appel à la paix, aussi sincère soit-il, semble bien en deçà de ce que la situation exige. »
En revanche, sur la motion « Pour une politique cantonale cohérente en matière de droits humains », notre groupe sera unanime. Cette proposition, elle, se situe à la hauteur des enjeux : elle offre une réponse concrète, dans le champ de compétences du canton, en cherchant à garantir que les fonds publics ne contribuent pas, même indirectement, à des violations du droit international humanitaire. C’est une démarche de cohérence, de dignité et de responsabilité.
Notre solidarité ne se mesure pas à la distance des frontières, mais à la force de nos valeurs.