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POP Info No 20, janvier 2018

 De quoi le Conseil d’État neuchâtelois est-il le nom ?

mercredi 28 février 2018


Le Conseil d’Etat neuchâtelois, en la personne de son ministre du chômage et de la précarité, M. Jean-Nathanaël Karakash a décidé très impérialement une baisse des normes de l’aide sociale qui devrait entrer en vigueur le 1er février 2018. La troisième en 11 mois !

Quel acharnement à s’attaquer au minimum vital du bas peuple ! Et quel courage politique de la gauche socialiste gouvernementale qui ne se donne même plus un semblant de bonne conscience en appelant aux quelques maigres valeurs de solidarité et de justice sociale qui lui servaient surtout jusque là à déboussoler un peu plus les classes populaires. Enfin, elle endosse de manière décomplexée le rôle qui est le sien. Celui de deuxième droite.

Que ce soit idéologiquement ou pratiquement, plus rien ne distingue et depuis longtemps la droite de la soi-disant gauche. Le fameux TINA (there is no alternative) de Margaret Thatcher a été si bien intégré par l’ensemble du spectre politique qu’une seule et même vision capitaliste gouverne le monde. La théorie du ruissellement, vieille du XIXème siècle, qui veut que plus les riches s’enrichissent, plus les retombées financières seront positives sur les classes sociales moins privilégiées fait florès comme jamais. Il n’est que de lire la prose de nos gouvernants sur leurs sites, blogs ou comptes rendus médiatiques (cf. : jnk.ch ou les articles parus dans le journal « le Temps » consacrés à la politique de M. Karakash) pour le constater sans détour.

Rien ne vaut la connaissance de l’histoire ou la grille de lecture marxiste pour se rendre compte que tout le brouet de l’économie politique classique du XVIIIème et du XIXème siècles nous est resservi in extenso aujourd’hui et presque sans modification rhétorique. Ainsi pour notre ministre, ce n’est pas le travail qui crée la richesse, mais le capital (ou dit en termes du XXIème siècle : l’entreprise), ce ne sont pas les conditions sociales d’exploitation capitalistes qui produisent la pauvreté, mais les pauvres qui sont fainéants (et qu’ils faut activer), la lutte des classes n’existe pas, chacun est libre et responsable pour autant que l’égalité des chances soit garantie (dans une société de classes, donc inégalitaire par définition, bonne chance !).

De quoi ce Conseil d’État est-il le nom ? Rien de moins que de la destruction du monde : social, humain et écologique, avec pour unique horizon possible la croissance ou, pour mieux dire, l’accumulation du capital. Comme l’écrit le philosophe Lucien Sève, il est aujourd’hui aussi urgent de s’attaquer à la crise écologique qu’à la crise anthropologique, les deux allant de pair. Contre cette politique de droite, cette politique d’asservissement et de dépossession, cette domination sans partage d’une idéologie et d’une pratique contre-révolutionnaire, le temps est plus que jamais venu de lutter pour un projet de société communiste. Lorsqu’un budget cantonal fait seul bander les élites politiques, il y a de quoi se poser des questions sur la barbarie du monde tel qu’il est et tel qu’il va. Et de prendre conscience qu’’il n’y a plus qu’une chose à faire : le renverser !

Julien Binggely

POP neuchâtelois  |   Dernière mise à jour: le 15 mars 2018

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